Selfies avec les touristes

Les yeux à peine ouverts (ou pas), on impose aux lionceaux de poser avec les touristes pour faire des selfies. Les lionceaux sont maintenus toute la journée dans un enclos où ils sont manipulés sans répit par des touristes, passant de mains en mains et de bras en bras jusqu’à en tomber malade. Ces lionceaux sont fréquemment délibérément privés de sommeil, mal nourris et dénutris.

Voir des célébrités s’afficher avec des animaux exotiques sur les réseaux sociaux, entre les pages Instagram ou Facebook, a extrêmement contribué à la hausse de demandes pour ces „portraits“. La plupart des touristes ne sont pas au courant ni informés de ce côté sombre de l’industrie de l’élevage du lion, caché derrière un banal selfie. Bien que certains zoos proposant des interactions avec les bébés animaux en Afrique du Sud expliquent la pratique de la chasse en boîte, ils se défendent d’être liés d’une quelconque façon à ces pratiques.

Chaque touriste devrait alors toujours leur poser une question: “Où vont les lions adultes?” Et si on vous répond qu’ils seront libérés dans la nature ou qu’ils iront rejoindre un bon endroit…Méfiez-vous! Il est formellement interdit de relâcher des lions issus de la captivité dans la nature et chaque réserve naturelle est déjà peuplée de plus de groupes de lions aux liens sociaux établis qu’elle ne peut en gérer.

Hormis les selfies avec les touristes, on réserve bien d’autres (mauvais) traitements aux lionceaux en les exploitant pour diverses occasions: outil promotionnel lors du lancement de magasins de voitures et de centres commerciaux, élément décoratif «mignon» pour des photos de mariage ou
animation de soirée et d’anniversaire et autre accessoire de mode tenu en laisse pour défiler sur le catwalk. Les idées et possibilités d’exploitation d’’un bébé lion sont sans fin. Les touristes déboursent environ 25 € pour pouvoir se prendre en photo avec un lionceau. Avec une moyenne de 400 touristes par semaine, cela rapporte un revenu de 520.000 € / an selon les lieux.

Main image and image below courtesy of Stichting SPOTS